Rappel des faits
DEMARCHE DE L'ASSOCIATION POUR LA SAUVEGARDE DE NOTRE PATRIMOINE
A QUI APPARTIENNENT LES TERRAINS ?...
C’est le 15 octobre 1963 que la Ville de Belfort va acquérir ces ouvrages militaires. Des baraquements provisoires y avaient été construits sans permis de construire quelques années auparavant. Avec un foyer édifié en 1954, ils ont constitué jusqu’en 2005 un centre d’accueil pour travailleurs migrants.
Dans la fin des années 1970, lorsqu’Emile Géhant, maire de Belfort, décide de mettre en valeur les fortifications de Belfort, il fait abattre tous les arbres situés dans les fossés, et révèle la superbe réalisation de Vauban devant la porte de Brisach. En raison de la mauvaise qualité des bâtiments provisoires construits sans permis sur l’ouvrage 69, devant la Lunette 18, les arbres sont laissés en place à cet endroit. Ils masquent la vue depuis la porte de Brisach et l’avenue de la Laurencie.
Le but des collectivités locales et de l’Etat est alors d’attendre la vétusté totale de ces bâtiments, de trouver de nouveaux locaux aux occupants, pour rendre ensuite à ce site son aspect d’origine, en rendant cohérente la lisibilité de la fortification. Cette position était encore celle de l’Etat en 2004, ainsi que Christophe Grudler, conseiller général de Belfort-Est, a pu s’en entretenir plusieurs fois avec le préfet du Territoire de Belfort d’alors, ainsi qu’avec les services de la préfecture.
C’était d’ailleurs, dans ce but que ces terrains avaient été classés inconstructibles au Plan d’occupation des sols (POS) de Belfort de 1977 à 2003.
Mais la Ville de Belfort s’est obstinée à vouloir rendre ces terrains constructibles. Elle a créée une zone spécifique au POS devenu PLU (Plan local d’urbanisme) en 2004 : cette zone, qui apparaît comme une enclave sur le plan, est devenue alors constructible, malgré les remarques formulées par certains élus municipaux lors de l’enquête publique.

Les permis de démolir les bâtiments vétustes ont été accordés, et à ce jour les démolitions sont effectives.
Des solutions ont été trouvées dans la ville pour le relogement des occupants: le foyer pour travailleurs migrants est transféré depuis 2005 sur le quartier du Mont à Belfort, où un nouvel immeuble va sortir de terre en 2006. Un des baraquements faisait office de lieu de prières pour les musulmans du foyer notamment : la Ville de Belfort leur a trouvé des locaux au quartier des Forges, avec un bail jusqu’à fin 2007.
La Ville s’est entendue avec une seule des cinq associations de musulmans de Belfort, le Comité islamique des musulmans du Territoire de Belfort, et lui a promis de l’autoriser à construire à cet endroit, au cœur du site fortifié de Belfort, une grande mosquée de 1700 places.
L’association Belfort-Patrimoine, par l’intermédiaire de son président Christophe Grudler, historien, mais aussi conseiller général du canton et conseiller municipal à Belfort, a adressé un recours gracieux en annulation auprès du maire de Belfort, après lui avoir expliqué qu’une construction neuve d’une telle ampleur allait porter une atteinte définitive au site fortifié de Belfort classé Monument historique. Faute de réponse dans le délai de deux mois imparti, Belfort-Patrimoine s’est vu dans l’obligation de déposer un recours devant le Tribunal Administratif de Besançon.